Les failles de l'alimentation vivante
- Le 15/09/2021
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L'alimentation vivante est mise à l'honneur, sur les réseau sociaux par exemple etc... On évoque souvent les bienfaits,mais on évoque jamais les risques. En effet, le crudivorisme végétal peut présenter des avantages mais peut aussi présenter sur le long terme des répercutions néfastes voir dramatiques
Des origines à aujourd'hui :
Durant des centaines de milliers d'années, les humains ont consommé une nourriture exclusivement crue avant de découvrir l'usage du feu il y a presque 500 000 ans. Quelques peuples ou communautés ont continué à manger cru. L'alimentation vivante est une notion dont on entend parler pour la première fois dans les écrits bibliques des esséniens, une communauté juive vivant sur les bords de la Mer Rouge entre -2 avant JC et +2. Ils consommaient des graines germées et des végétaux, les mangeaient de saison et mûrs et ils ne conservaient pas leurs denrées. Ils connaissaient le pouvoir curatifs des aliments vivants.
Au cours des cent dernières années les régimes à base d'aliments crus ont connu de plus en plus de succès sur tous les continents. Beaucoup de scientifiques et de médecins ont fait des recherches dans ce domaine.
Le docteur Paul Koutchakoff étudie la leucocytose digestive (augmentation du nombre de leucocytes ou globules blancs après un repas). Il soutient que celle-ci est présente après consommation d'aliments cuits ou transformés mais qu'elle n'est pas présente après consommation d'aliments crus. Le Dr Jean Seignalet proposa son régime paléolithique avec des aliments anciens et une cuisson à une température n’excédant pas 110°C.
Quand à l'alimentation vivante, il s'agit d' un crudivorisme végétal ou un végétalisme crudivore, donc sans aucun produit animal. Certains adeptes de ce régime tolèrent la cuisson à basse température, mais tous s'accordent à rechercher les végétaux les plus nutritifs possibles, en privilégiant les aliments frais, de saison, bios ou issus de petites exploitations.
Le Dr Tal Schaller, un des pionniers de la médecine holistique préconise une alimentation respectant la règle des 3V : Végétal, Vivant et Varié.
Les impacts :
L'alimentation vivante est mise à l'honneur, sur les réseau sociaux par exemple etc... Mais il faut voir l'envers du décor. Si certains de ses bienfaits sont avérés, nombreux autres sont de fausses idées. Le crudivorisme végétal peut présenter des avantages mais aussi présente sur le long terme des répercutions néfastes voir dramatiques.
-L'alimentation vivante est une alimentation qui « n'encrasse » pas, elle ne provoque pas de surcharge de toxines et de congestions au niveau lymphatique. Bien gérée, elle peut être détoxifiante pour l'organisme. Certains végétaux sont trés astringents, et absorbent les toxines, comme par exemple le raisin.
-Elle se rapproche de l'alimentation originelle de l'homme par la simplicité des aliments. Elle interdit les aliments ultra-transformés. En les supprimant, la santé peut s'en trouver fortement améliorée pour des individus qui consomment régulièrement cette catégorie d'aliments.
-Le végétalisme crudivore peut permettre d'apporter un maximum de minéraux alcalins qui ont la capacité de neutraliser l'acidité présente dans le corps et qui est facteur de nombreuses pathologies (attention aux fruits acides et/ou cueillis avant maturité et/ou conservés longtemps).
-Lors de la cuisson, les molécules s'entrechoquent et se modifient pour former des nouvelles molécules comme les molécules de Maillard qui sont résistantes aux enzymes et donc indigestes.
-Un autre avantage de l'alimentation vivante est qu'elle permet de ne pas laisser passer de matériaux impropres au travers de la muqueuse intestinale comme par exemple les longues chaînes de gluten qui contribue à la perforation de la muqueuse des intestins et va se répandre dans le milieu intérieur (sang, lymphe, cellules) sans avoir été digéré, devenant ainsi des déchets provoquant congestion et maladie.
-L'alimentation vivante réduit la fatigue, augmente la sérénité, améliore le sommeil, parce que l'organisme a besoin de consacrer en général moins d'énergie à la digestion et peut donc mobiliser son énergie à d'autres fonctions.
D'autres avantages sont loués à l'alimentation vivante mais peuvent être remis en cause.
-On entend qu'elle est la plus nutritive. Or certaines pièces de viande et de poissons contiennent bien plus de micronutriments que la même quantité d'un aliment vivant.
-Les impacts écologiques sont présents quelques soit le mode d'alimentation, avec ou sans produits animaux mais selon les scientifiques la consommation mondiale actuelle de produits animaux n'est pas viable. Une alimentation riche en végétaux et pauvre en animaux est associée à de moindre dégâts sur l'environnement notamment le réchauffement climatique. Elle utilise moins d'eau, moins de carburants fossiles et moins de pesticides et d'engrais. En revanche les végétaliens occidentaux consomment beaucoup de fruits et d’oléagineux qui proviennent de très loin et cela engendre des transferts par avion ou bateau avec un fort impact écologique.
L'alimentation vivante comporte des risques graves pour la santé.
Dans le régime végétalien, il n'y a pas de produits animaux.
-Nombreux micronutriments sont davantage présents dans la viande que dans les légumes. Jérémy Dalzon naturopathe et youtubeur fait de nombreuses comparaisons entre les apports nutritionnels de 100 gr de produits animaux et 100 gr de végétaux. Les abats, les poissons gras et les pièces de bœufs crus sont bien plus riches en vitamines et en minéraux que les plus nutritifs des légumes crus.
Il y a des micronutriments que l'on ne trouve que dans les produits animaux. Dans les produits végétaux il y a peu ou pas du tout des micronutriments suivants :
-vitamine A, appelée rétinol. Elle est absente dans les produits végétaux. Elle a une importance pour l'oxydation, la vision, la santé des tissus et de la peau. Nous en avons besoin de 1200 à 1500 microgrammes/jour. Les végétaux possèdent de la provitamine A appelée bêta-carotène, qui sera convertie en vitamine A seulement si le foie est en bonne santé et au prix de transformation enzymatiques coûteuses en minéraux.
-vitamine B12 appelée cobalamine. Elle est absente dans les produits végétaux et en prendre en complément alimentaire est indispensable pour les végétaliens. Elle agit sur le système cardio-vasculaire, l'adn et l'arn, dans le métabolisme des glucides et des protéines, dans la protection des cellules nerveuses et des globules rouges. Nous en avons besoin de 2 à 4 microgrammes/jour. Selon l'Académie de Nutrition et de Diététique dans un rapport sur l'alimentation végétarienne, l'alimentation végétalienne entraîne à long terme des troubles de développement chez les enfants, des AVC, de la démence et une mauvaise santé osseuse.
-omégas 3 de type EPA et de type DHA ils sont absent dans les produits végétaux. Ils sont importants pour le développement et pour le bon développement du cerveau, de la rétine, des membranes cellulaires, la grossesse, les maladies cardio-vasculaires et d'autres maladies chroniques. Les omégas 3 présents dans les végétaux sont de type ALA. Selon l'Académie de Nutrition et de Diététique, l'ALA est converti de manière endogène (par l'organisme lui-même) en EPA et en DHA mais le processus est assez inefficace et dépend du sexe, de l'alimentation, de la santé et de l'âge. Des travaux suggèrent que les besoins en omégas 3 des individus en bonne santé peut être satisfait avec l'ALA seul mais qu'il vaut mieux se complémenter pour les individus ayant des besoins augmentés (maladies chroniques, femmes enceintes...).
-vitamine D : dans les végétaux il y en a seulement dans les champignons et la levure en revanche 80% de nos besoins en vitamine D peuvent être comblés avec l'exposition au soleil. Il faut donc s'exposer au maximum au soleil avec le moins de vêtements possibles, sans crème, et encore plus longtemps pour les peaux foncées (en faisant attention à habituer sa peau progressivement et à ne pas aller dans les heures les plus chaudes). Il peut être prudent de prendre des compléments alimentaires de vitamine D.
-iode : dans les produits végétaux il n'y en a que dans les algues.
-calcium : le calcium des végétaux est moins biodisponible que le calcium des produits animaux. Il est intéressant de chercher les végétaux les plus riches en calcium ou de se complémenter.
Le PDCAAS est un outil qui mesure la qualité des protéines et leur digestibilité. Les végétaux ont les scores les plus faibles, les protéines sont moins bien absorbées. L'individu ne mangeant que des végétaux aura toutes les chances d'être carencé en micro-nutriments, protéines et acides gras essentiels.
-Dans les oléagineux, il y a des anti-nutriments comme l'acide phythique. C'est une substance créée par les plantes qui vient se coller aux minéraux pour nous empêcher d'absorber ces minéraux. Nous mangeons donc pour rien. Le trempage des oléagineux n’enlève pas tous les anti-nutriments.
-L'alimentation entièrement crue n'est pas adaptée à tout le monde. Elle n'est pas adaptée aux individus ayant des fragilités digestives, aux individus frileux si l'on est en hiver, aux épuisés chroniques. La cuisson des aliments est une prédigestion parce qu'elle commence à scinder tous les macro-nutriments.
-Si le régime alimentaire est tourné essentiellement vers les fruits, il risque fort d'y avoir une déminéralisation en conséquence, résultant de la nécessité pour l'organisme de neutraliser l’excès d'acidité de certains fruits surtout s'il ne sont plus très « vivants » parce que cueillis avant maturité et conservés au lieu d'être consommés mûrs et de suite. Ce problème est accentué chez les individus aux profils neuro-arthritiques parce qu'ils ont une capacité moindre à éliminer les acides faibles des fruits par les voies respiratoires et vont donc devoir donner leurs réserves minérales pour tamponner les acides. Le docteur Robert Masson en parle ainsi que le naturopathe hygiéniste Fabien Moine.
-l'alimentation végétale est une forme d'orthorexie : maladie de vouloir manger trop bien, destructrice et invivable pour la personne et pour son entourage.
-elle suit une approche dogmatique, une sorte de religion dans laquelle on agit dans un cadre donné sans chercher réellement la preuve de son efficacité.
Les conséquence à long terme de l'alimentation vivante sont : cachexie, sécheresse et vieillissement cutanés, frilosité, déminéralisation des veines, des organes, des yeux (baisse de la vue etc), des dents, des cheveux, perte de la mémoire...
Conclusion :
L'alimentation vivante trouvera une utilité :
-uniquement sur le court terme, quelques jours seulement
-pour des individus surchargés par un excès d'aliments ultra-transformés, un excès de viandes, de sucres ou de graisses saturées
-dans le cadre d'une cure de détoxination encadrée par un professionnel.
Je conseillerais aux crudi-végétalien de changer pour un régime végétarien ou s'ils veulent conserver un régime crudivore et s'ils ont la vitalité nécessaire, d'intégrer de la viande et des oeufs crus ou trés peu cuits. En l'absence de produits animaux il faudra obligatoirement se complementer en mineraux et vitamines avec un suivi médical par un professionnel.
Je déconseille fortement l'alimentation vivante même à court terme aux végétaliens qui ne sont pas en santé, les individus épuisés chroniques, les individus ayant une vitalité trop faible, les individus frileux, en sous-poids, les femmes enceintes. Je leur conseille de réintégrer un régime omnivore avec au moins une partie des aliments cuits.
Contrairement à l'idée reçue, l'alimentation vivante ne peut pas changer le monde parce qu'elle ne correspond pas à la physiologie humaine. Mais celle-ci, additionnée d'animaux et de produits animaux consommés crus également, pourrait bien être la base d'une alimentation de santé extrêmement bénéfique.
Lire aussi mon article sur le véganisme :
http://nutri-moi.e-monsite.com/blog/veganisme-les-impacts.html
Svetlana Hoguet
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